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PATRICK FORT
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PARCOURS LITTERAIRE
 
 
 
 
 
 
 

 
 Après nous  

Celestino Alfonso, 
guérillero 
dans
 la Résistance 
française 

Editions :
 Le Solitaire, 2012

Prix Roman
 des Arts Littéraires 2012














 
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Après nous

Celestino Alfonso,
guérillero dans la Résistance française



Présentation de



 Maryse CARRIER



Présidente du jury 
Concours « Les Arts Littéraires »

 
 
Le roman « Après nous » de Patrick Fort est un roman à mi-chemin
 entre le témoignage authentique et la fiction romanesque. 
 

Il nous plonge 
dans le tragique des trois derniers mois
 d’existence de Celestino Alfonso, d’origine espagnole et clandestin,
 « guerillero » au sein de la Résistance française.
 Arrêté en novembre 1943, Celestino 
sera en effet exécuté en février 1944 au Mont Valérien.


Entre ces deux dates
 nous assistons à la description des interrogatoires musclés de la part
 des policiers français appartenant aux Brigades Spéciales, 
qui travaillaient main dans la main avec la Gestapo, pour combattre 
« la racaille étrangère, juive et communiste » !
 Or Celestino est à la fois Espagnol et communiste !
Mais au-delà de la torture physique, ce sont les tourments 
(qui émergent toujours au contact de nombreux souvenirs douloureux), 
les peurs, les angoisses, les doutes même, c'est-à-dire une torture 
psychologique, insidieuse et inévitable, qui va s’abattre sur notre héros.


Au fil des pages sont également évoqués
 les noms de quelques personnalités françaises, tristement célèbres, telles que : 
Brasillach, Darnand, Doriot, Marcel Déat entre autres … c'est-à-dire de ceux 
qui ont lamentablement manqué de courage pour défendre leur pays, 
contrairement à ces « fils de métèque », pour employer
 l’élégante expression utilisée par certains           
 pour désigner alors … les immigrés espagnols.


Toutefois le pessimisme de cette fin de vie tragique
 est magistralement compensé par le credo volontariste de Celestino :
 à savoir son amour pour la vie,cette vie que sans aucun regret, à seulement 27 ans,
 il n’hésite pas à sacrifier au nom d’un idéal de justice sociale et de liberté,
 faisant ainsi honte à tous les poltrons français de l’époque.


Encore 2 mots sur ce roman tout en nuance :
 2 Allemands échappent chacun à sa façon à l’horreur et à la barbarie nazie, 
un prêtre de la prison de Fresnes et un sous-officier de la Felfgendarmerie, 
lequel grâce à des photos essaie de sauver de l’oubli les condamnés à mort.
Le témoignage de ce dernier, et surtout bien sûr celui d’Alfonso,
 sont des preuves authentiques de courage dans la dignité et dans la fierté,
 sont une véritable leçon de vie et d’espoir, illustrée 
par cette magnifique métaphore de la fin du roman :


 « Le printemps reviendra, mais, avant que la nature ne se remette à vivre, 
la froidure réclame son dû et lutte pour ne pas en être dépossédée ». 


 Quel magnifique espoir « en l’avenir radieux de jours meilleurs », 
qui naîtront « après nous », selon Celestino Alfonso, 
lui-même symbole de tous ces destins anonymes,
 ô combien admirables et indispensables,
 auxquels le roman de Patrick Fort 
tient à rendre un vibrant hommage !

 
© 2011